10 avril 2012

La discrimination au travail

Par Violaine Descroix

Les missions d’un poste de travail s’accompagnent parfois de contraintes psychologiques fortes, auxquelles s’ajoute un phénomène bien réel : la discrimination. Un récent sondage sur les conditions de travail fait apparaître qu’un Français sur quatre a été victime de discrimination au travail et plus d’un tiers déclare avoir été témoin d’un acte de discrimination.

De quoi s’agit-il ?
Opérer une distinction entre les salariés sur des motifs tels que l’origine, le sexe, l’orientation sexuelle, l’âge, la situation de famille, l’appartenance à une ethnie ou une nation, les opinions politiques, la religion, l’état de santé, le handicap, l’exercice du droit de grève… constitue une discrimination interdite par la loi.

D’après les résultats d’une étude commandée par le Défenseur des droits et l’Organisation internationale du travail (OIT) et publiée en janvier, l’origine ethnique est la première cause de discrimination au travail, devant l’âge et l’apparence physique.

Des recours et de nombreux soutiens
Deux recours judiciaires sont possibles : le recours pénal ou le recours civil devant le conseil des prud’hommes.

De nombreux acteurs sont à même de soutenir les victimes : inspecteur du travail, organisations syndicales, associations, délégués du personnel, ou encore le Défenseur des droits, autorité reprenant sur ce point les missions auparavant dévolues à la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE).

Les limites de la protection
Le secteur privé réagit en rédigeant des « chartes » d’entreprise, mais le recours juridique peut s’avérer nécessaire. Dans la Fonction Publique (qui a obligation de protéger un salarié victime de discrimination), les chiffres des pratiques discriminatoires sont en légère hausse…

Le contexte économique difficile ne favorise pas la dénonciation. Ceux qui se sentent les plus fragiles saisissent-ils les instances qui pourraient les aider ? C’est pourquoi la communication et la prévention sont capitales, pour encourager les victimes à réagir.

Quelles conséquences ?
Au travail, le salarié discriminé peut commettre des erreurs, pouvant conduire au licenciement pour faute. L’environnement personnel est également perturbé : une estime de soi moindre peut engager des troubles psycho-sociaux ou musculosquelettiques. Il est donc nécessaire d’être solidaire et à l’écoute.

Conclusion
Si certains crient à la discrimination alors qu’une entrevue pourrait clarifier la situation, les faits de discrimination avérés doivent être dénoncés. Notre activité professionnelle doit rester une source d’épanouissement grâce à la mise en œuvre de nos compétences dans un environnement où prime le « bien vivre ensemble ».

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