16 juin 2015

Qu’est-ce qu’un placebo ?

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Nombreux sont les patients à réclamer des antibiotiques ou tout autre traitement pour soigner leurs maux. Ne peut-on pas utiliser à la place un placebo ? Qu’appelle-t-on un placebo, un effet placebo ? Dans quel cadre un placebo peut-il être utilisé et comment fonctionne-t-il ?

placebo

Petite histoire du placebo…

Le mot « Placebo » date de l’antiquité et provient du verbe latin « placere » (plaire). Il y a donc une histoire de complaisance entre deux personnes ou entre l’effet qu’entraine l’utilisation d’un matériel ou – pour ce qui nous concerne – d’un traitement. Ce n’est qu’en 1785 qu’apparaît, pour la première fois, le mot « placebo ». En France, on ne retrouve pas dans la littérature médicale de définition avant les années 1950.

Essai de définition

Actuellement, la définition considérée comme étant la plus complète a été formulée par Shapiro en 1997 : « un placebo est n’importe quel traitement utilisé en toute connaissance de cause pour son effet thérapeutique non spécifique, psychologique ou psychophysiologique, mais aussi pour son effet thérapeutique présumé pour un patient, pour un symptôme ou une maladie, mais qui est sans action spécifique sur le trouble traité. Un placebo, quand il est utilisé comme contrôle dans les études expérimentales, est une substance ou une procédure sans aucune action spécifique pour le trouble traité. L’effet placebo est l’effet thérapeutique non spécifique, psychologique, psychophysiologique, produit par un placebo ».

Le terme « placebo » est à opposer à celui de « médicament », qui se définit comme « toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies humaines ou animales, ainsi que toute substance ou composition pouvant être utilisée chez l’homme ou chez l’animal ou pouvant leur être administrée, en vue d’établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique ».

De quoi s’agit-il ?

Les mécanismes d’action du placebo ne sont pas totalement connus, mais des études ont démontré que plusieurs facteurs pouvaient prédire une réponse positive du patient. Il s’agit de la relation médecin-patient, de la personnalité du patient et des facteurs liés au traitement. Ainsi, le placebo peut être utilisé dans de nombreuses pathologies et, contrairement à ce que l’on pourrait croire, pas uniquement celles qui ont trait à la psychiatrie ou aux troubles de l’humeur.

« Placebo » versus « nocebo »

Selon les études, 25 à 35 % des patients répondent favorablement à l’utilisation d’un placebo. Mais dans certains cas, cette utilisation peut entraîner des symptômes, des manifestations indésirables induites par la prise du placebo : c’est ce qui est appelé l’effet nocebo. Il ne s’agit pas là de complications graves, mais davantage de troubles fonctionnels de type céphalées, somnolences, nausées, diarrhées… d’ordre psychosomatique.

Débat et éthique

En tenant compte de l’absence d’efficacité du placebo et de son risque d’effet nocebo, on peut s’interroger sur le plan éthique de l’utilisation en pratique courante d’un placebo en lieu et place d’un traitement médicamenteux. Les praticiens refusant l’utilisation de placebos mettent en avant les règles liées au consentement du malade et de la confiance nécessaire entre le médecin et son patient.
À l’inverse, les défenseurs de l’utilisation de placebos estiment que si le seul but du traitement est d’obtenir un effet placebo, et que ce dernier est documenté dans la littérature, alors le médecin peut envisager une telle utilisation.

En conclusion

Le placebo est une thérapeutique qui permet à un patient d’avoir des effets recherchés. Pour ce faire, il est nécessaire que le patient soit en état de suggestion. Si ce concept est critiqué par certains, plusieurs études mettent en avant leur efficacité avec des résultats scientifiquement prouvés. Qu’en pensez-vous ?

Une réponse à “Qu’est-ce qu’un placebo ?”

  1. « Les soldats blessés vainqueurs guérissent plus vite que les vaincus »

    avait observé le chirurgien des armées, Ambroise Paré au XVIème siècle.

    Décrié par certains mais qui ont la plupart du temps en commun de solides dogmes matérialistes et scientifiques, efficacement intégré par d’autres dans leurs soins, l’effet placebo est de plus en plus reconnu comme facteur incontournable dans l’efficacité des approches de santé au sens large du terme.

    Tenter de faire le tri entre le vrai et le faux… (Suite : http://www.retrouversonnord.be/Psychobiologie.htm#Placebo)

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