7 mars 2012

Handicap mental et vie citoyenne

Par Violaine Descroix

L’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (UNAPEI – pour son ancien nom Union nationale des associations de parents d’enfants inadaptés) a demandé au gouvernement que les personnes handicapées mentales aient accès à « une information facile à comprendre » pour voter aux élections présidentielles.

L’occasion de revenir sur la loi du 11 février 2005 – dite loi Handicap – qui réforme le champ législatif du handicap et constitue une étape décisive dans la considération sociale de la personne en situation de handicap mental.

Au quotidien, l’intégration de la personne mentalement handicapée est très variable et s’inscrit dans un projet de vie individualisé, élaboré en fonction des capacités individuelles. De la petite enfance à l’âge adulte, c’est tout un panel de services et de structures (publiques, associatives…) qui se déclinent pour proposer des modes de prise en charge adaptés.

La scolarisation des enfants handicapés

La loi de 2005 affirme ainsi le droit des enfants handicapés à être scolarisés et à bénéficier d’un accueil adapté (accompagnement par une auxiliaire de vie scolaire en milieu « ordinaire », scolarisation en établissement médico-social…). Différents dispositifs sont ainsi proposés en fonction du degré et des perspectives d’évolutions du handicap.

Même si la situation évolue positivement – les ¾ des enfants handicapés sont scolarisés -, il reste encore de nombreux d’efforts à fournir : ainsi 78 % des enfants qui souffrent d’un retard mental sévère ne sont pas pris en charge.

L’emploi

Les situations de handicap étant très variables, l’insertion professionnelle relève plus du « sur mesure ». En fonction de leurs capacités et des conséquences de leur handicap dans le quotidien, les travailleurs handicapés peuvent ainsi travailler en milieu ordinaire (avec aménagement de poste, d’horaires…) ou adapté (établissement ou service d’aide par le travail, pouvant accueillir des personnes plus lourdement handicapées…).

Néanmoins, en dépit des aides et des menaces d’amende, le taux de chômage des personnes handicapées s’élève à 20%, soit le double de la moyenne nationale. Une situation liée à la crise actuelle, à la discrimination mais également au manque de qualification de ces personnes (renvoyant ainsi au problème de la scolarisation…).

La citoyenneté

Depuis la réforme de la protection juridique de 2009, 400 000 personnes handicapées mentales seraient en mesure de voter. Sauf avis contraire du juge des tutelles, il n’y a donc pas de restriction au droit de vote.

De la théorie à la pratique, des adaptations concrètes sont toutefois à prévoir : photographie des candidats sur les bulletins de vote, sensibilisation du personnel des bureaux de vote au handicap mental, accessibilité des bureaux de vote…

En conclusion…

Les avancées législatives reflètent bien l’évolution des mentalités. Mais si les lois sont le reflet d’une société en mouvement, les mises en œuvre demandent parfois plus de temps et de mobilisation.

Pour plus d’informations sur les revendications de l’UNAPEI : unapei.org et 2012.unapei.org


En archive : voir l’article « Semaine pour l’emploi des personnes handicapées » parue en novembre 2010 sur le site du Cours Minerve

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