8 septembre 2015

L’observance thérapeutique

Par Violaine Descroix

Face à une personne souffrante se trouve le médecin, qui a pour objectif de guérir le malade. Cette association, également appelée partenariat, est nécessaire pour arriver à l’objectif visé. Si le médecin va utiliser tout un arsenal thérapeutique à sa disposition, le patient va devoir se conformer aux demandes du médecin, prendre les traitements prescrits, autrement dit : avoir une observance thérapeutique. Mais qu’est-ce que l’observance thérapeutique ?

L'observance thérapeutique

L’observance thérapeutique

Essai de définition

Aujourd’hui, l’observance thérapeutique se définit comme « l’adéquation entre le comportement du patient et les recommandations de son médecin ». On parle également de compliance ou encore d’adhésion thérapeutique. Quel que soit le terme utilisé, il est toujours fait référence aux motivations ou au comportement du patient.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans les pays dits « développés », seuls 50 % des patients atteints de maladies chroniques respectent leur traitement. Ce chiffre est estimé largement en-deçà dans les pays en voie de développement. Ce phénomène semble toucher toutes les maladies et est prépondérant dans les maladies chroniques.

L’intérêt et le périmètre de l’observance thérapeutique

La relation médecin-malade est en pleine mutation avec une volonté de plus en plus importante d’autonomisation, de prise en compte des souhaits du patient et de prise en charge du patient de sa propre santé. C’est une volonté du législateur de rendre le citoyen responsable des coûts liés aux soins de santé. Parallèlement, Internet a permis la diffusion du savoir et de l’information médicale, pour mettre le médecin et le malade quasiment au même niveau d’information sur les symptômes, les traitements, les modalités de guérison d’une maladie. Désormais, le malade doit avoir confiance en son thérapeute et, inversement, ce dernier doit davantage expliquer, convaincre pour que son patient soit observant dans ses recommandations, ses prescriptions.

L’observance thérapeutique a un intérêt d’une part pour le patient, en lui permettant de guérir plus vite ou de maintenir une qualité de vie optimale, et d’autre part, pour la société au regard des coûts engendrés par la non ou inobservance.

Les facteurs influençant l’observance

  • Facteurs liés au patient : son âge, sa situation socioprofessionnelle, ses croyances et le vécu de sa maladie
  • Facteurs liés à la maladie et au traitement : le suivi médical, l’évolution favorable ou non et la durée prévisible entre le début du traitement et la guérison ; le nombre de médicaments, leur forme galénique, leur goût
  • Facteurs liés à la relation médecin-malade : la compréhension des traitements et des soins par le patient, la participation du patient au processus décisionnel et le respect de ses choix renforcent la confiance médecin-malade

Les risques de l’inobservance

Selon l’OMS, « l’observance insuffisante est la raison principale pour laquelle les patients ne retirent pas tous les bienfaits qu’ils pourraient attendre de leurs médicaments. Elle entraîne des complications médicales et psychosociales, diminue la qualité de vie des patients, augmente la probabilité de développer des pharmaco-résistances et provoque un gaspillage des ressources ». Plusieurs études ont, par ailleurs, mis en évidence un lien entre l’augmentation de la mortalité et l’inobservance thérapeutique.

Les outils

Pour traiter une éventuelle inobservance, il faut au préalable la dépister. Pour ce faire, il existe deux types de méthodes :

  • Les méthodes directes : le dosage des concentrations d’un médicament ou d’un marqueur biologique dans les urines ou dans le sang, la vérification de la prise médicamenteuse par le patient
  • Les méthodes indirectes : l’entretien directif ou semi-directif avec le patient par le thérapeute, les questionnaires auxquels sont soumis les patients (questionnaire de Morisky), les piluliers électroniques ou blisters intelligents, ou encore le décompte des comprimés restant dans une boîte

Les pistes d’avenir

L’éducation thérapeutique du patient : une équipe pluri professionnelle doit pouvoir entourer le patient, lui expliquer les risques liés à l’inobservance, l’intérêt de l’observance et voir avec les modalités les plus acceptables pour permettre de faire coïncider thérapeutique et mode de vie.

La rationalisation et l’optimisation des médicaments : simplifier au maximum les traitements, éviter la polymédication et tenir compte des souhaits du patient.

Une meilleure prise en compte du phénomène par le corps médical : le médecin doit apprendre à négocier des priorités avec le patient, fournir des instructions claires, suivre l’observance lors des rendez-vous, rechercher – avec l’accord du patient – l’aide de l’entourage du patient.

Une dernière piste a déjà été testée par les autorités publiques : il s’agit de lier l’observance au remboursement des traitements et soins par la prise en charge de l’assurance maladie. Le risque de ce système, c’est d’accentuer les inégalités sociales déjà existantes.

Conclusion

Selon le collectif inter-associatif sur la santé, que ce soit en termes médico-économiques ou d’un point de vue de santé publique, il faut renforcer la participation des patients. Dans ce contexte, il convient de ne plus parler d’observance mais d’adhésion thérapeutique, renforçant ainsi la volonté du patient à accepter la thérapeutique proposée.

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