29 juillet 2011

Le place de l’Atsem (épisode 3)

Par Violaine Descroix

Après nous avoir présenté comment elles sont devenues ATSEM, Françoise et Julie nous livrent maintenant leur quotidien pour mieux comprendre ce que fait une Atsem au sein d’une école maternelle.

Où travaillez-vous en ce moment ? Auprès de quel public d’enfants ?

Julie : « Je ne suis pas à temps plein et profite quasiment des mêmes vacances que les enseignants (Ndlr : la mairie a choisi de faire appel à d’autres personnels pour effectuer le ménage dans l’école). Cela m’a permis, avant la naissance de ma fille, de pouvoir continuer à exercer mes activités d’animatrice par ailleurs. Aujourd’hui, cela me permet de pouvoir m’occuper de ma fille tout en ayant une activité professionnelle qui me convient.
A l’école, en dehors des heures de classes, je m’occupe de la garderie ou de l’accompagnement en bus pour le ramassage scolaire. Avec l’enseignante, je suis dans une classe de petite section (3 – 4 ans). J’interviens aussi pour la garderie et la surveillance des récréations des classes primaires. »

Françoise : « Actuellement, je suis en classe de « grands » (5 – 6 ans). Dans mon école, comme il n’y a pas de place dans l’école maternelle, cette classe est située dans les locaux de l’école primaire. C’est du coup un peu particulier car nous ne sommes pas au cœur de l’activité des « petits ».


Quelle est votre place dans la classe ?

Julie : « Mon rôle en tant qu’Atsem est d’apporter une aide à l’enfant tout en l’accompagnant sur le chemin de l’autonomie. On lui apprend à prendre le temps de grandir. Par exemple, lorsque les parents arrivent ils sont pressés car ils ont souvent une journée de travail qui commence. Ils pressent alors leur enfant pour qu’il enlève ses chaussures, pose ses affaires avant d’entrer dans la classe. Je suis là pour les accueillir et souvent je les rassure et leur indique que je vais m’en occuper. Je montre à l’enfant qu’il peut prendre son temps pour ôter ses chaussures et cela rassure les parents. Et c’est pour ces petites choses, que nous (les Atsem) avons beaucoup de reconnaissance de la part des parents ».

Françoise : « C’est tout à fait cela, à la cantine par exemple, les enfants ne mangent pas tous au même rythme. Parfois, l’un d’entre eux peut se retrouver tout seul à table. Et bien, moi je reste là et je lui dis « Prends ton temps, tu n’es pas tout seul, je t’attends ! » et je reste pour lui laisser le temps d’aller au bout de son repas avec calme. Nous sommes des accompagnateurs dans l’apprentissage des gestes simples de la vie, et sommes garantes qu’ils pourront les acquérir à leur rythme.
De façon pratique, nous aidons les enfants à l’habillage, au déshabillage, nous les accompagnons aux toilettes, dans le langage, l’acquisition des règles de politesse… »

Julie : « Comme nous sommes présents dans les activités hors travail scolaire, nous avons aussi une relation privilégiée de proximité avec les enfants. Par exemple, pour les plus grands, dans la cour, je deviens souvent la « confidente ». Les enfants savent que nous serons à l’écoute de leur petits tracas quotidiens, ils ressentent que nous n’avons pas le même rôle que l’enseignant ».

Et votre rôle auprès de l’enseignant(e) ?

Julie : « Dans notre école, nos rôles sont valorisés par la directrice. Avec l’enseignante avec laquelle je suis cette année par exemple, nous travaillons en véritable partenariat. Nous déjeunons souvent ensemble et profitons du temps de la sieste pour faire un point sur chaque enfant, individuellement.
Ainsi, l’enseignante a un éclairage différent de l’enfant, en dehors de ses compétences scolaires. L’enseignant me fait aussi part à l’avance de ce qu’elle va faire sur une période avec les enfants. Ce qui me laisse le temps de préparer le matériel et que tout soit prêt pour l’enseignante et les enfants quand ils travailleront sur l’activité. Parfois, j’apporte aussi mes remarques sur les activités envisagées, surtout, et toujours en lien avec le rythme des enfants, il m’arrive de tempérer la « soif » d’activités de l’enseignante par rapport aux rythmes des enfants. »

Françoise : « J’ai travaillé plusieurs années avec la même enseignante. Il y avait des côtés positifs car nous nous connaissions bien et d’autres plus compliqués car une routine s’était installée. Mais les relations avec l’enseignante se passent bien dans leur ensemble. Nous formons une véritable équipe avec chacun un rôle différent.
Je prépare les ateliers, procède au nettoyage du matériel quand il y a des activités manuelles, surveille un groupe pendant qu’un autre travail avec l’enseignante. »

Dans le prochain (et dernier) épisode de cet interview à paraître après-demain, Françoise et Julie vous diront pourquoi elles aiment ce métier et donnent leur conseil à ceux qui seraient tentés par l’aventure Atsem !

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