20 avril 2017

Les inégalités d’accès aux soins selon les territoires

Par L'équipe de l'école

Le système de santé français est reconnu comme l’un des meilleurs au monde en assurant une égalité d’accès aux soins à l’ensemble des usagers, quels qu’ils soient et où qu’ils se trouvent. Est-ce vraiment le cas ? Qu’appelle-t-on les déserts médicaux et quels sont les moyens engagés pour y remédier ?

 

Les déserts médicaux

Il n’y a pas de définition précise du désert médical. Pour autant, les éléments suivants tendent à le circonscrire : « l’accessibilité à un professionnel de santé, les caractéristiques de la population considérée (âge, taux d’affection longue durée, nombre de bénéficiaires de la CMU (1), etc.), le nombre des professionnels de santé, leur âge, leur activité »(2).

La situation selon le CNOM

Selon le dernier rapport du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM), la France compte 285 840 médecins au 1er janvier 2016. Les auteurs relèvent que « les territoires de la façade Atlantique, Rhône-Alpes et les territoires transfrontaliers (Nord, Est) voient leurs effectifs augmenter quand d’autres territoires allient densité faible et manque d’attractivité tels que le Centre, la Bourgogne… qui sont de plus en plus en souffrance ».

Les causes recensées

La désertification médicale serait liée à l’attractivité des régions, à la façon d’exercer la médecine, aux responsabilités ressenties comme plus accrues dans les déserts médicaux, tout comme la charge de travail, les difficultés pour assurer la permanence des soins ou encore l’incidence de ces éléments sur la vie familiale. L’ensemble de ces facteurs tendrait à accroître les disparités territoriales auxquelles le Gouvernement tente de faire face.

Les dispositifs de lutte contre les déserts médicaux

Le Gouvernement a pour objectif de permettre aux citoyens d’avoir un accès équitable à l’ensemble des soins. Il met en place en 2012 un pacte Territoire-santé :

  • subvention des jeunes médecins dès leurs études en contrepartie de leur installation dans des régions peu ou sous-dotées ;
  • développement des maisons ou pôles de santé pluridisciplinaires ;
  • mise en place d’un référent installation dans chaque agence régionale de santé ;
  • développement de la télémédecine ;
  • développement des actes professionnels paramédicaux.

D’autres mesures sont envisagées, comme celle de restreindre la liberté totale d’installation des médecins ou encore d’augmenter, voire supprimer, le numerus clausus.

Plusieurs collectivités locales ont également décidé d’entreprendre elles-mêmes des actions.

La conclusion

Si le droit à la santé est devenu un droit constitutionnel, des inégalités demeurent. Une homogénéisation de la répartition des médecins sur l’ensemble du territoire ne permettrait-elle pas de favoriser la prévention et ainsi de diminuer les coûts en santé ?

(1) Couverture maladie universelle, appelée aujourd’hui protection universelle maladie (PUMA).

(2) Vie publique, « Qu’est-ce qu’un désert médical ? », 29 février 2016 : http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/protection-sociale/risque-sante/professionnels-sante/qu-est-ce-qu-desert-medical.html

 

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