29 juin 2017

Les écrans et leurs effets sur les enfants

Par Violaine Descroix

Les écrans nous accompagnent dans notre quotidien. Ils sont protéiformes et ont intégré la vie des adultes comme des enfants, pour le meilleur et peut-être aussi pour le pire. C’est ce qui ressort des études et témoignages des professionnels de santé et de l’enfance, qui se penchent sur les conséquences pour les plus jeunes d’une exposition précoce aux écrans.

 

Que disent les chiffres ?

 

Selon l’Association française de pédiatrie ambulatoire, un enfant de moins de trois ans sur deux manipule les écrans interactifs de smartphones ou de tablettes. Les quatre à quatorze ans passent en moyenne trois heures par jour devant des écrans selon une étude Ipsos. Dès l’âge de dix ans, un enfant possède son premier smartphone. Avant l’âge de douze ans, ils sont 76 % à être inscrits à des réseaux sociaux, malgré un accès interdit au moins de treize ans…

L’Éducation nationale défend quant à elle un « Grand Plan numérique pour l’école de la République » (tableaux blancs interactifs (TBI), espaces numériques de travail (ENT), des tablettes, etc.).

Des bénéfices éducatifs réels

 
Avant l’âge de trois ans, les tablettes tactiles combinent geste, toucher et interaction pour une expérience éducative riche. Au-delà, les écrans accompagnent la différenciation entre le réel et le virtuel. À partir de six ans, des logiciels d’apprentissage de la lecture ou du calcul constituent des supports positifs. En outre, notre univers ultra-connecté nécessite une éducation précoce à ces pratiques.

La nocivité des comportements abusifs

 
En 2016, l’American Academy of Pediatrics publie une étude qui observe des problèmes d’obésité, des troubles du sommeil, des échecs scolaires et jusqu’à des troubles dépressifs. L’enquête de l’Institut de Cologne pour l’économie de la médecine et de la recherche pour la médecine alimentaire, note la corrélation entre l’utilisation importante de supports numériques et l’hyperactivité, le déficit de l’attention et les troubles du développement du langage chez les enfants de moins de cinq ans.

Les alertes du corps médical et des professionnels de l’enfance

 

Le Dr Anne-Lise Ducanda, médecin en PMI, dénonce en mars dernier, dans une vidéo sur Youtube, un lien entre les écrans et les troubles du spectre autistique et troubles envahissants du comportement chez l’enfant de moins de quatre ans. Le 31 mai, un collectif de médecins et professionnels de la petite enfance publie dans Le Monde une tribune sur les effets néfastes de cette surexposition : retards de langage et de développement chez des enfants non déficients neurologiques, troubles attentionnels graves, absence de langage chez des enfants de quatre ans, troubles relationnels, intolérance majeure à la frustration.

La règle du « 3-6-9-12 »

 

Il n’existe pas en France de réelles campagnes de prévention. Les chercheurs recommandent néanmoins la modération par le contrôle du temps d’utilisation des écrans. La méthode « 3-6-9-12 », créée par Serge Tisseron, est utilisée par l’Association française de pédiatrie ambulatoire :

  • Éviter absolument tout écran avant trois ans.
  • Ne pas offrir de consoles de jeux avant six ans.
  • Ne pas accepter l’accès à Internet avant neuf ans.
  • Usage d’Internet en autonomie après douze ans (avec règles d’utilisation et contrôle parental).

En conclusion

 
Si l’usage raisonnable des écrans a une portée éducative manifeste, elle ne doit pas cacher les effets délétères d’une utilisation excessive sur la santé des enfants. Les troubles chez les enfants surexposés explosent et une prise de conscience émerge. De nouvelles études scientifiques devront être réalisées afin de permettre la mise en place d’un plan d’action publique.

 

 

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