4 janvier 2018

La médiation en santé

Par Violaine Descroix

Notre système de santé repose sur les concepts d’accessibilité, de qualité et de sécurité des soins. Pour autant, des personnes demeurent en marge de ce système. C’est dans ce cadre que l’intervention d’un médiateur peut s’avérer utile. Quel est-il ? Quelles sont ses missions et sa formation ?

 

mediation sante

 

 

L’accès aux soins

 
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les individus ont un droit à la santé. Aussi, les États doivent leur permettre d’avoir un accès aux soins. Celui-ci repose sur quatre composantes : non-discrimination, accessibilité physique, accessibilité économique et accessibilité de l’information.

En France, le principe d’accessibilité est fondamental et inaliénable. Pour autant, celui-ci s’avère de plus en plus remis en cause du fait de la raréfaction des ressources médicales et paramédicales, des difficultés financières des usagers ou encore de la méconnaissance de leurs droits.

 

La lutte contre les difficultés d’accès aux soins

 
Ces difficultés amènent, sur le plan de la santé, à un renoncement aux soins, à une découverte et à une prise en charge des pathologies plus tardives. Sur le plan social, il y a davantage d’inégalités, voire d’exclusions. Selon le ministère des Affaires sociales et de la Santé, ces phénomènes se sont accrus au cours de la dernière décennie.

En plus des initiatives locales, deux dispositifs nationaux ont été créés dans les années 2000 :

  • les permanences d’accès aux soins de santé,
  • les équipes mobiles psychiatrie-précarité.

Plus récemment, afin d’améliorer « l’accès aux droits, à la prévention et aux soins des personnes éloignées des systèmes de prévention et de soins, en prenant en compte leurs spécificités », le législateur a créé un dispositif de médiation sanitaire.

 

La médiation en santé

 
Le législateur définit la médiation en santé comme une « fonction d’interface assurée entre les personnes vulnérables éloignées du système de santé et les professionnels intervenant dans leur parcours de santé, dans le but de faciliter l’accès de ces personnes aux droits […], à la prévention et aux soins. Elle vise à favoriser leur autonomie dans le parcours de santé en prenant en compte leurs spécificités ».

La Haute Autorité de santé (HAS) a été sollicitée pour écrire un référentiel de compétences et de formation. Les personnes principalement visées par ce dispositif sont « les migrants, les demandeurs d’asile, les personnes en situation de précarité, d’isolement, les mineurs isolés, les situations de crainte ou de méconnaissance du système de soins, l’illettrisme, le handicap sensoriel ».

Dans son référentiel, la HAS indique que les médiateurs en santé doivent faire preuve de confidentialité, de non-jugement et de respect de la volonté des personnes. De plus, elle a souligné que le médiateur devra être formé afin de disposer de compétences techniques, d’une connaissance de l’environnement médico-social et d’un savoir-être.

 

La conclusion

 
Le médiateur en santé est un nouvel acteur de notre système de santé. La reconnaissance officielle de cette fonction, à travers un référentiel de compétences et de formation, devrait permettre de diminuer encore davantage les inégalités entre les citoyens.

 

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