22 décembre 2015

Désertification médicale : quels remèdes ?

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Le droit à la santé est « l’un des droits fondamentaux de tout être humain ». En France, on estime à 2 millions le nombre de Français « touchés par la désertification médicale ». Quelles en sont les causes et quelles solutions sont envisageables ?

Désertification médicale : quels remèdes ?

Désertification médicale : quels remèdes ?

« Désert médical », de quoi s’agit-il ?

 

La notion de désert ou de désertification médicale correspond à une inadéquation entre les besoins – en soins et biens médicaux – d’une population, et l’offre des professionnels de santé (médecins généralistes, spécialisés, infirmiers…). En France, les régions situées le plus au sud et les régions frontalières sont les mieux dotées en médecins généralistes. À l’inverse, les régions situées dans le centre et le nord sont sous-dotées.

Les raisons de la désertification

 

Les causes de la désertification médicale sont multifactorielles. Elles sont liées :
à des choix politiques : l’instauration d’un numerus clausus en 1971 peut être un frein à une évolution favorable de la démographie médicale ;
à la démographie de la population française : celle-ci est vieillissante et demande davantage de soins ;
à l’attractivité professionnelle : les secteurs ruraux sont des lieux où le médecin doit être omniprésent et répondre à l’ensemble des demandes dans un secteur souvent étendu entraînant, pour le praticien, des conditions de travail difficiles ;
à des choix personnels : aujourd’hui, l’âge moyen d’un médecin est de 52 ans et les jeunes professionnels, quel que soit le métier, souhaitent davantage concilier leur activité professionnelle et leur vie personnelle.

Les choix de l’État

 

Pour faire face à ce problème, le Gouvernement a mis en place différents dispositifs :
Depuis 1999, il a rehaussé le numerus clausus des professions médicales.

Dès 2009, il a encadré la liberté d’installation de certaines professions de santé : par exemple, une infirmière doit attendre, pour s’installer dans une zone où la densité de professionnelle est correcte, la cessation d’activité de l’une de ses consœurs. De plus, une prime à l’installation dans les zones désertiques à été créée.

En 2012, il a lancé un plan intitulé « Pacte territoire santé : pour lutter contre les déserts médicaux » comprenant 12 engagements autour de 3 objectifs principaux :
– Changer la formation et faciliter l’installation des jeunes médecins
engagement 1 : un stage en médecine générale pour 100% des étudiants
engagement 2 : 1 500 contrats d’engagement de service public signés d’ici 2017
engagement 3 : 200 « praticiens territoriaux de médecine générale » dès 2013
engagement 4 : un « référent installation » unique dans chaque région.
– Transformer les conditions d’exercice des professionnels de santé
engagement 5 : développer le travail en équipe
engagement 6 : rapprocher les maisons de santé des universités
engagement 7 : développer la télémédecine
engagement 8 : accélérer les transferts de compétences.
– Investir dans les territoires isolés
engagement 9 : garantir un accès aux soins urgents en moins de 30 minutes d’ici 2015
engagement 10 : permettre aux professionnels hospitaliers et salariés d’appuyer les structures ambulatoires
engagement 11 : adapter les hôpitaux de proximité et responsabiliser les centres hospitaliers de niveau régional à l’égard de leur territoire
engagement 12 : conforter les centres de santé.

Conclusion

 

Chaque citoyen, quel que soit son lieu de résidence, a le droit à l’accès à des soins de qualité. La lutte contre la désertification médicale est plus que jamais d’actualité et seules des mesures organisationnelles, de formation, d’interprofessionnalité permettront de résoudre ce problème de santé publique.

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