21 juillet 2015

VIP et hôpital public

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La question de la prise en charge des VIP « Very important Person » – personne très importante – à l’hôpital public est une question qui fait partie du débat politique. Les VIP étrangers viennent se faire soigner en France pour trouver des compétences médicales et des prestations qu’ils n’ont pas chez eux.

Les VIP et l'hôpital public

Les VIP et l’hôpital public

Vous avez dit « VIP »?

Un VIP peut être une célébrité, un homme politique, un personnage public connu, un chef d’entreprise, un chef d’État, une personne très riche…
Accueillir des personnalités riches permet aux hôpitaux d’avoir un apport financier qui participe à combler le déficit budgétaire, puisque le coût de l’hospitalisation est majoré d’au moins 30 %.

L’accueil des VIP : à quelles conditions ?

L’hôpital qui reçoit des VIP, en plus de la qualité des soins, offre des prestations haut de gamme dignes d’un hôtel de grand luxe : hôtellerie, restauration, accès aux multimédias…

L’hôpital doit accepter qu’à n’importe quel moment, sur un seul appel téléphonique, le personnel (médical, paramédical) soit sollicité et que, si cela est nécessaire, un service entier soit mis à la disposition du VIP ainsi que des prestations particulières de luxe : hôtellerie, sécurité, discrétion.

La prise en charge par les soignants

Qu’en est-il des soignants devant une telle situation ? La prise en charge des VIP est une prise en charge particulière et de tous les instants. Bien sûr, les soignants gardent leur professionnalisme, mais une certaine tension résulte de la situation de « non droit à l’erreur ». À cela s’ajoute le secret professionnel, comme pour tous les malades, mais au-delà dans un tel contexte, le secret de la vie privée.

Quelles missions pour l’hôpital public ?

Accueillir des VIP pose la question fondamentale des missions de l’hôpital public. Jean de Kervasdoué, économiste de la santé, suggère la création d’une agence publique chargée de promouvoir et d’organiser la prise en charge des patients étrangers, de développer un site Web traduit en cinq langues (anglais, arabe, espagnol, russe et chinois) et d’animer un réseau de correspondants santé dans les ambassades de certains pays ciblés. Cette agence pourrait également autoriser certains hôpitaux publics à créer une filiale commerciale, voire une marque. Des sociétés privées de conciergerie médicale, pour faire référence au rôle des concierges dans les grands hôtels, organiseraient la prise en charge du patient, depuis son arrivée à l’aéroport jusqu’à son départ.

En conclusion

C’est la loi du 31 décembre 1970 qui crée la notion de service public hospitalier (SPH) : égalité d’accès, égalité de traitement, continuité du service.

Le service public hospitalier vise à garantir à chaque citoyen les mêmes conditions de traitement et d’accès aux soins, quels que soient son niveau de revenu et son lieu d’habitation. Comme le rappelle un médecin de l’APHP : « En France, c’est quand même notre fierté d’accueillir tout le monde à l’hôpital public, mais sur un pied d’égalité ».

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