21 décembre 2017

L’apprentissage de la lecture et de l’écriture

Par Violaine Descroix

L’Éducation nationale est à nouveau secouée par les résultats d’une enquête[1] : les élèves de CM1 affichent un retard en matière de lecture et de compréhension, au point que sur cinquante pays testés, la France se place au 34e rang. Comment expliquer ces chiffres ?

 

 

Lecture et écriture… à quel âge ?

 

Si les enfants découvrent les écrits dès l’école maternelle, notamment dans le cadre d’un préapprentissage en grande section, c’est en école élémentaire qu’ils apprennent véritablement à lire et à écrire. Le cycle 2, composé du CP[2], du CE1 et du CE2[3], est celui des apprentissages fondamentaux. Un tel apprentissage nécessite des acquis et une maturité cognitive préalables. Ces bases et cet état de développement sont le plus souvent atteints vers six ans.

Méthode syllabique versus globale

 

Le français écrit est construit selon le principe alphabétique. L’enjeu pour l’apprenant consiste à associer correctement les sons de l’oral aux signes de l’écrit par l’apprentissage de ce que l’on nomme le code graphophonologique. Notons qu’il existe également des méthodes idéo-visuelles, qui n’intègrent pas l’étude du code.

La méthode syllabique s’attache au code. Elle propose aux enfants des phrases courtes, qu’ils sont rapidement capables de déchiffrer. En revanche, elle porte une dimension mécanique, plus éloignée du sens et du plaisir de lire.

La méthode globale, plus récente, s’attache plus au sens. Les enfants mémorisent davantage l’image du mot et son sens, et lisent sans « couper », naturellement. Toutefois, la méthode fonctionne par hypothèses, ce qui demande de solides acquis à l’enfant.

La querelle entre les partisans de ces deux méthodes n’a plus cours. Les enseignants utilisent davantage une méthode semi-globale, mélange des méthodes syllabique et globale.

Des résultats en baisse

 

Un fait, toutefois, demeure : les résultats des écoliers en lecture et en écriture sont en baisse depuis une quinzaine d’années. L’enquête PIRLS parue le 5 décembre révèle un score bien peu satisfaisant : la France arrive en dernier parmi les pays européens testés et 34e de l’ensemble des cinquante pays. Les manques qui apparaissent sont plus de l’ordre de la compréhension fine et de la déduction à partir de textes lus. Selon l’enquête, les enseignants français sont moins formés, avec 38 % des élèves ayant des professeurs qui n’ont reçu aucune formation continue sur la lecture durant les deux dernières années, contre 16 % pour les autres pays.

Les pistes d’amélioration

 

Du côté du ministère de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer a annoncé l’introduction d’une dictée quotidienne en primaire, des évaluations au milieu du CP et au début du CE1, et une accélération du dédoublement de ces classes et de l’éducation prioritaire. Il souhaite également une formation initiale et continue renouvelée pour les enseignants.

Conclusion

 

Les mesures proposées par le ministre sont sans doute bienvenues, et devront être analysées dans les prochaines années. Alors qu’il était annoncé en août dernier un retour à la méthode syllabique stricto sensu, il reste à voir si un tel projet sera appliqué et suivi d’effets, ou s’il ne fera que raviver une querelle obsolète.

 

[1] Enquête PIRLS, Progress in international reading literacy studio (Programme international de recherche en lecture scolaire).
[2] Cours préparatoire.
[3] Cours élémentaires 1 et 2.

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